
Des crottes de souris dans la réserve de la cantine, un rat aperçu près du local poubelles, des blattes sous la plonge : dans un lieu qui accueille des enfants, chaque décision compte. La dératisation à l'école comme en crèche doit être efficace sans exposer les plus jeunes aux produits. Voici ce que disent réellement les textes (et ce qu'ils ne disent pas), comment prévenir les infestations, ce que permettent les méthodes sans biocide et les précautions à exiger lorsqu'un traitement devient nécessaire.
Dératisation à l'école et en crèche : ce que disent vraiment les textes
Aucun texte unique n'encadre la dératisation scolaire : plusieurs règles se croisent, selon les produits utilisés et les activités de l'établissement.
Les produits biocides et le Certibiocide
Raticides et insecticides sont des produits biocides. Ils doivent disposer d'une autorisation de mise sur le marché (AMM), qui fixe leurs conditions d'emploi. Les produits réservés aux professionnels ne peuvent être achetés et utilisés que par des personnes titulaires du Certibiocide « nuisibles » (types de produits 14, 18 et 20). La notice du ministère de la Transition écologique justifie ce dispositif par le risque d'exposer des populations non averties, « en particulier des enfants ». Elle précise aussi que le donneur d'ordre n'a pas à détenir ce certificat : c'est le prestataire qui intervient qui doit l'avoir.
Conséquence pratique, rappelée par l'agence technique départementale de Haute-Garonne : un agent communal ne peut pas utiliser de produits réservés aux professionnels sans ce certificat. Sans agent certifié, la commune doit faire appel à une entreprise spécialisée pour ces produits.
La cantine relève de l'hygiène alimentaire
La restauration collective va « de la micro-crèche à des restaurants inter-entreprises », rappelle le guide de la DGAL pour les petits établissements de restauration collective. La cuisine et les réserves sont donc soumises au règlement (CE) n° 852/2004, qui exige des méthodes adéquates de lutte contre les organismes nuisibles. Le guide détaille un plan de lutte avec contrat, plan des appâts, fiches techniques et de sécurité des produits et enregistrements. Nous en présentons la construction dans notre article sur le plan de lutte contre les nuisibles HACCP.
La qualité de l'air intérieur
Depuis le 1er janvier 2023, la surveillance réglementaire de la qualité de l'air intérieur des crèches, accueils de loisirs, écoles, collèges et lycées comprend un autodiagnostic au moins tous les quatre ans (articles R. 221-30 et suivants du code de l'environnement). Le guide d'accompagnement réalisé par le Cerema pour le ministère y liste des bonnes pratiques : limiter l'application de pesticides, étudier les alternatives, préférer une utilisation localisée et conduire les traitements contre les nuisibles hors des périodes de fréquentation, par exemple pendant les vacances, avec une aération appropriée. Ce sont des recommandations, pas une interdiction de traiter en période scolaire.
Loi Labbé : pourquoi elle ne vise pas la dératisation
On entend souvent que « les pesticides sont interdits dans les écoles ». C'est vrai pour les produits phytopharmaceutiques, ceux qui protègent les végétaux. L'article L. 253-7-1 du code rural interdit leur utilisation dans les cours de récréation et les espaces fréquentés par les élèves, dans les espaces fréquentés par les enfants dans les crèches, haltes-garderies et centres de loisirs, ainsi que dans les aires de jeux. Depuis le 1er juillet 2022, l'interdiction des produits phytopharmaceutiques de synthèse s'étend notamment aux établissements d'enseignement et de garde d'enfants (arrêté du 15 janvier 2021).
Les biocides forment une autre catégorie. Comme le rappellent les services du ministère de l'Agriculture, un produit biocide « n'est pas un produit phytopharmaceutique » : il lutte contre les organismes nuisibles à la santé humaine ou animale. La loi Labbé n'interdit donc pas les raticides ni les insecticides contre les blattes dans une école. Leur usage reste encadré par leur AMM et, pour les produits professionnels, par le Certibiocide.
Nuisibles en crèche et à l'école : prévenir avant de traiter
La meilleure façon de ne pas exposer les enfants est de ne pas avoir à traiter. Le guide de la DGAL insiste sur les mesures défensives :
portes extérieures jointives au sol, grilles sur les bouches d'aération, moustiquaires aux fenêtres qui s'ouvrent ;
trous et fissures bouchés : voir nos conseils pour empêcher les souris de rentrer, valables pour tout bâtiment ;
déchets bien gérés, cartons et palettes retirés avant le rangement des denrées, abords entretenus ;
denrées protégées et interdiction de nourrir les animaux errants.
En crèche, la fiche « La lutte raisonnée contre les nuisibles » du guide RecoCrèches, publiée par l'ARS Nouvelle-Aquitaine, conseille d'avancer étape par étape : informer la collectivité, s'assurer de l'insecte en cause (photo, individu mort), informer les parents dès la confirmation et évaluer l'étendue de l'infestation. À l'école, le conseil d'école donne son avis sur l'hygiène scolaire et la sécurité des enfants (article D. 411-2 du code de l'éducation) : il est utile de l'informer.
Méthodes sans biocide : ce qu'elles permettent et leurs limites
La fiche RecoCrèches recommande de privilégier la lutte mécanique quand elle est efficace : elle limite l'exposition des enfants et des techniciens et ne favorise pas les résistances. Elle cite l'aspiration, la congélation, la chaleur, le nettoyage vapeur ou à la brosse. Contre les rongeurs, le guide de la DGAL mentionne les pièges, comme les nasses, aux côtés des appâts.
Ces méthodes ont pourtant leurs limites. Contre les blattes d'origine tropicale, comme la blatte germanique, l'Office fédéral suisse de l'environnement estime qu'une lutte uniquement non chimique est impossible : les pièges servent surtout à prouver l'infestation. Le bon choix est souvent une combinaison : prévention, piégeage, et produit seulement là où il est utile, à la dose nécessaire.
Lutte contre les nuisibles en établissement scolaire : les précautions à exiger
Le Certibiocide de la personne qui intervient : la fiche RecoCrèches conseille de le demander avant toute intervention.
La fiche technique et la fiche de données de sécurité de chaque produit envisagé : elles précisent les conditions d'emploi, le délai d'éviction des enfants et l'aération à prévoir.
Le bon moment : hors présence des enfants autant que possible, en respectant le délai d'éviction et une aération prolongée ; la fiche RecoCrèches suggère aussi de faire faire la sieste dans une pièce non traitée si besoin.
Des postes d'appâtage sécurisés : l'AMM d'un raticide anticoagulant, par exemple, impose aux professionnels un diagnostic préalable et des postes fixés si possible, étiquetés et hors de portée des enfants. Dans les lieux publics, les zones traitées doivent être signalées, avec une note sur le risque d'empoisonnement et les premiers gestes. Le traitement ne doit pas se prolonger au-delà de 35 jours sans évaluation. Nos précautions autour des raticides détaillent ces règles.
En cuisine, selon le guide de la DGAL : appâts autant que possible hors des locaux de production, pulvérisations seulement si les appâts ne suffisent pas et après retrait de toutes les denrées, produits stockés sous clé.
Un compte rendu de chaque passage : zones traitées, produits, recommandations.
Questions fréquentes
Faut-il fermer l'école ou la crèche pendant une dératisation ?
Aucun des textes cités ici ne l'impose de manière générale. Tout dépend de la méthode et du produit : sa fiche technique fixe le délai d'éviction. Les guides recommandent d'intervenir hors fréquentation, par exemple pendant les vacances.
La loi Labbé interdit-elle les raticides à l'école ?
Non. Elle vise les produits phytopharmaceutiques. Les raticides sont des biocides, encadrés par leur AMM et, pour les produits professionnels, par le Certibiocide.
Le personnel de l'établissement peut-il poser des appâts ?
Seulement des produits vendus au grand public, dans le respect de leur notice et hors de portée des enfants. Les produits professionnels exigent le Certibiocide : mieux vaut confier l'opération à une entreprise spécialisée.
Peut-on se passer totalement de produits ?
Parfois : prévention et pièges suffisent sur une petite présence de rongeurs. Contre une blatte germanique installée, un traitement ciblé reste en général nécessaire.
Vous gérez une crèche, une école ou un accueil de loisirs ? Les Dératiseurs Normands organisent le diagnostic avec votre référent, privilégient les dispositifs mécaniques et les pièges verrouillés et planifient les interventions hors présence des enfants dès que possible, dans le cadre de notre protection anti-nuisibles pour crèches et écoles et de nos prestations de dératisation, partout en Normandie. Demandez votre devis gratuit au 02 61 82 02 06.
Crédit photo : Rieul Techer — Visite Cantine Groupe scolaire Aimé Legal à Mouans-Sartoux (la cuisine), Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0 — fichier source. Image recadrée et redimensionnée.
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