
Des cavalcades au-dessus du plafond la nuit, des petits cris aigus, des pommes entamées au grenier : avant de conclure à une invasion de rats, pensez au lérot. On parle volontiers de loir dans le grenier, mais en Normandie le « loir » qu'on entend est presque toujours son cousin le lérot, le loir gris y étant devenu rarissime. Voici comment les distinguer d'un rat ou d'une souris, ce que dit la loi et comment les faire partir sans poison.
Loir dans le grenier : en Normandie, c'est presque toujours un lérot
Le loir gris (Glis glis) et le lérot (Eliomys quercinus) appartiennent à la famille des Gliridés, cousins de l'écureuil roux. Selon le Groupe Mammalogique Normand (GMN), ce sont des rongeurs nocturnes et arboricoles, qui fréquentent aussi jardins, maisons et greniers.
La liste rouge des mammifères de Normandie (2022) classe le loir gris « en danger critique » : une seule observation certaine entre 2011 et 2020, dans l'ouest de l'Orne. Le document rappelle que l'espèce est souvent confondue avec le lérot, « appelé également à tort Loir ». Le lérot, lui, est classé en « préoccupation mineure » ; le GMN le décrit comme commun en Normandie, mais discret et mal connu. En Europe, il a pourtant perdu plus de la moitié de son aire de répartition depuis 1978.
Lérot, loir gris ou rat : les critères pour les distinguer
Le lérot, le « bandit masqué »
Corps de 10 à 17 cm, queue de 9 à 15 cm, 50 à 120 g (jusqu'à 210 g à l'automne).
Masque noir autour des yeux, très caractéristique, et grandes oreilles.
Dos gris à roux, ventre blanc, avec une démarcation nette entre les deux.
Queue touffue au bout, terminée par un pinceau noir et blanc.
Le loir gris, plus grand et uniforme
Corps de 13 à 19 cm, queue de 11 à 15 cm, 70 à 185 g (jusqu'à 400 g à l'automne).
Dos gris uniforme, ventre blanc à gris clair.
Gros yeux noirs entourés d'une zone sombre, sans véritable masque.
Queue grise entièrement touffue.
Le rat et la souris
Le rat noir mesure 16 à 23 cm sans la queue, avec un pelage sombre et brillant et une queue très longue (18 à 25 cm). Le surmulot est plus grand (20 à 26 cm, plus 17 à 23 cm de queue), au pelage plus clair et plus terne. La souris grise est bien plus petite : 14,5 à 18,5 cm au total, queue comprise, avec une queue très longue et annelée. Chez tous, la queue est fine, sans touffe ni pinceau : c'est le critère le plus simple pour écarter le lérot ou le loir. Le rat noir, grand habitué des combles, est d'ailleurs lui aussi classé « en danger critique » sur la liste rouge normande.
Pour les rats et les souris, nos réponses aux questions fréquentes sur les rats et les souris détaillent les autres indices : crottes, rongements, traces de passage.
Loir, grenier, bruit : ce que le calendrier vous apprend
Le lérot et le loir gris hibernent d'octobre à avril, roulés en boule. Le lérot installe souvent son nid dans les habitations, au grenier ou dans un trou de mur, parfois dans une cave, de la fin octobre au début avril. Le loir gris préfère hiberner sous terre, mais un coin d'étagère ou un vieux matelas peuvent lui convenir.
Au printemps, le lérot se fait remarquer par ses cavalcades dans les greniers au moment des accouplements ; ses cris doux et plaintifs s'entendent de loin.
En été, les cris sont fréquents : surtout en juillet-août pour le lérot, en août-septembre pour le loir gris.
En plein hiver, des bruits de déplacement réguliers rendent un Gliridé moins probable, puisqu'il hiberne : un rat ou une souris devient alors une hypothèse sérieuse. L'Office fédéral suisse de l'environnement cite d'ailleurs les grattements du soir, au grenier ou dans les cloisons, parmi les signes de rongeurs.
Un bruit qui semble venir du plafond d'une pièce plutôt que du grenier peut aussi avoir une autre origine : voyez notre article sur le rat dans le faux plafond.
Lérot et loir gris : ce que dit la loi
Contrairement à une idée répandue, ni le lérot ni le loir gris ne figurent dans l'arrêté du 23 avril 2007 qui fixe la liste des mammifères protégés en France, dans sa version consolidée de 2026. Parmi les Gliridés, seul le muscardin y est inscrit : il est interdit de le détruire, de le capturer ou de le perturber intentionnellement, et ses sites de reproduction et de repos sont protégés.
Ils ne sont pas pour autant des « nuisibles » au sens juridique : ils ne figurent ni parmi les espèces chassables (arrêté du 26 juin 1987), ni parmi les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD), qu'il s'agisse de la liste nationale des espèces exotiques (ragondin, rat musqué…) ou de l'arrêté du 10 août 2026 qui fixe les ESOD du groupe 2 par département.
Côté produits, les raticides et souricides disposent d'une autorisation de mise sur le marché qui précise leurs espèces cibles, par exemple le rat surmulot, le rat noir et la souris domestique. Le règlement européen sur les biocides impose de les utiliser dans le respect de cette autorisation et de limiter leur usage au minimum nécessaire. Appâter un lérot avec un raticide destiné aux rats sort donc de ce cadre. Notre conseil est clair : pas de poison contre un lérot ou un loir.
Comment faire partir un lérot du grenier ?
Selon le GMN, le lérot, qui mange surtout fruits et invertébrés, ne cause guère de dégâts dans les habitations, même s'il peut puiser dans les réserves de fruits ou de pommes de terre. La démarche la plus sûre :
Confirmer l'espèce : observation, photo, période des bruits. Un rat se traite autrement, avec un protocole de dératisation contre les rats et les souris.
Retirer ce qui l'attire : fruits, graines et croquettes, à ranger dans des contenants fermés.
Ne pas déranger un animal en hibernation : il vit alors sur ses réserves ; attendez sa sortie au printemps.
Fermer les accès une fois l'animal parti : trous en façade, passages sous toiture, aérations sans grille.
Vérifier qui d'autre occupe les combles : les chauves-souris sont protégées, ainsi que leurs gîtes. En cas de doute, faites identifier avant les travaux.
Méfiez-vous enfin des solutions miracles : l'efficacité des répulsifs à ultrasons contre les rats n'est pas démontrée, et rien n'indique qu'ils feraient mieux contre un lérot.
Questions fréquentes
Lérot ou loir : est-ce le même animal ?
Non, ce sont deux espèces de la même famille. Le lérot porte un masque noir et une queue terminée par un pinceau noir et blanc ; le loir gris est uniformément gris, avec une queue entièrement touffue. En Normandie, l'animal du grenier est presque toujours un lérot.
Loir ou souris dans le grenier : comment faire la différence ?
Par la queue et la saison. La souris a une queue fine et annelée, sans touffe, et reste active en hiver. Le lérot et le loir ont une queue poilue et hibernent d'octobre à avril : un vacarme en janvier oriente plutôt vers une souris ou un rat.
Le lérot est-il protégé ?
Non, il ne figure pas sur la liste nationale des mammifères protégés, pas plus que le loir gris. Il n'est pas non plus classé « nuisible » : ni chassable ni ESOD.
Peut-on utiliser un raticide contre un lérot ?
Nous le déconseillons. Les raticides sont autorisés pour des espèces cibles précises, rats et souris, et doivent être utilisés dans les conditions de leur autorisation.
Faut-il signaler un loir ou un lérot ?
Ce n'est pas obligatoire, mais le GMN recueille les observations de ces deux espèces pour mieux connaître leur répartition en Normandie. Un loir gris confirmé serait une donnée précieuse.
Bruits au grenier, doute entre lérot, rat ou souris ? Chez Les Dératiseurs Normands, nous commençons par identifier l'animal en cause, puis nous adaptons l'intervention à votre logement, de la cave au grenier en passant par le jardin. Nous intervenons partout en Normandie, y compris dans les maisons anciennes de Domfront-en-Poiraie, les longères en lisière de forêt autour de Bellême et les longères percheronnes du secteur de Mortagne-au-Perche. Demandez votre devis gratuit au 02 61 82 02 06.
Crédit photo : Reinhard Stolzenbach — Gartenschläfer (lérot couché dans du foin), Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0 — fichier source. Image recadrée et redimensionnée.
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