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Lutte contre les nuisibles en industrie agroalimentaire : exigences et bonnes pratiques

Règlement 852/2004, IFS Food v8, BRCGS issue 9, Codex : ce qu'exige vraiment la lutte contre les nuisibles dans une usine agroalimentaire, et les bonnes pratiques pour réussir vos audits.

Didier Publié le 25 octobre 2026 Mis à jour le 27 octobre 2026
Ligne de production d'une usine agroalimentaire moderne : convoyeurs inclinés en inox et bandes bleues au-dessus d'un sol bleu, dans un grand atelier lumineux

Dans une usine agroalimentaire, un rongeur dans le stock de matières premières ou des insectes sur une ligne de conditionnement représentent un risque de contamination et de non-conformité en audit. La lutte contre les nuisibles en agroalimentaire repose à la fois sur des obligations légales et sur les exigences des référentiels de certification comme l'IFS Food et le BRCGS Food Safety. Voici ce qu'ils demandent et comment y répondre.

Lutte contre les nuisibles en agroalimentaire : ce que dit la réglementation

En Europe, le socle est le règlement (CE) n° 852/2004 relatif à l'hygiène des denrées alimentaires. Son annexe II impose que les locaux permettent de « lutter contre les organismes nuisibles » et que les fenêtres ouvrant sur l'extérieur soient, si nécessaire, équipées d'écrans de protection contre les insectes, amovibles pour le nettoyage. Elle exige que les déchets soient stockés dans des aires propres et, le cas échéant, « exemptes d'animaux et de parasites ». Elle précise surtout que « des méthodes adéquates doivent être mises au point pour lutter contre les organismes nuisibles ». Le règlement impose aussi des procédures fondées sur l'HACCP.

En France, les établissements soumis à agrément sanitaire doivent présenter un plan de maîtrise sanitaire (PMS) qui comprend un plan de lutte contre les nuisibles (arrêté du 8 juin 2006). Les résultats des contrôles officiels sont publiés sur Alim'confiance depuis 2017 ; le niveau le plus défavorable peut conduire à une fermeture ou à la suspension, voire au retrait, de l'agrément.

À l'international, les Principes généraux d'hygiène alimentaire du Codex Alimentarius (CXC 1-1969, révisés en 2020 et 2022) rappellent que bonnes pratiques d'hygiène, conception des bâtiments, contrôle des matières entrantes et surveillance limitent les infestations, donc le recours aux pesticides.

Ce qu'exige l'IFS Food (version 8)

L'IFS Food version 8, obligatoire pour les audits depuis le 1er janvier 2024, traite le sujet au chapitre 4.13, « Pest monitoring and control ». Ses exigences principales :

  • Conception des locaux : bâtiments et équipements conçus, construits et entretenus pour prévenir les infestations (4.13.1).

  • Mesures fondées sur les risques, documentées et conformes à la législation locale (4.13.2). Elles couvrent au minimum l'environnement et les nuisibles ciblés, les types de produits, un plan des appâts, les zones de construction sensibles (plafonds, caves, canalisations, angles), l'identification des appâts, les responsabilités, les produits utilisés, la fréquence des inspections et les éventuels entrepôts loués.

  • Sous-traitance encadrée : si un prestataire intervient, toutes ces exigences figurent dans le contrat. Une personne compétente de l'entreprise est désignée pour suivre ses interventions, et la responsabilité des actions reste à l'entreprise (4.13.3).

  • Traçabilité des inspections, des actions et de toute infestation (4.13.4).

  • Dispositifs (appâts, pièges, destructeurs d'insectes) fonctionnels, en nombre suffisant, adaptés, bien placés et utilisés sans risque de contamination (4.13.5).

  • Contrôle des livraisons à réception (4.13.6).

  • Suivi de l'efficacité, avec analyse de tendances (4.13.7).

La lutte contre les nuisibles ne figure pas parmi les dix exigences « KO » du référentiel. Mais l'auditeur peut prononcer une non-conformité majeure sur n'importe quelle exigence en cas de manquement substantiel ou de processus hors de maîtrise pouvant affecter la sécurité des aliments, ce qui empêche la délivrance du certificat. Depuis 2021, au moins un audit IFS Food sur trois doit être inopiné : le dispositif doit être tenu à jour en permanence.

Ce qu'exige le BRCGS Food Safety (issue 9)

Le BRCGS Food Safety, dont l'issue 9 est en vigueur, consacre sa section 4.14 au « pest management ». Tout le site doit disposer d'un programme préventif efficace, conforme à la législation, avec les ressources pour réagir vite. Plusieurs points vont plus loin que l'IFS :

  • la fréquence des inspections est fixée par analyse de risques et revue après toute modification des bâtiments ou des procédés, ou après un problème significatif (4.14.2) ;

  • les appâts rodenticides toxiques ne doivent pas être utilisés dans les zones de production ou de stockage où le produit est à nu, sauf pour traiter une infestation active, et ils doivent être sécurisés. Tout poste manquant est enregistré et fait l'objet d'une enquête (4.14.5) ;

  • si un destructeur d'insectes risque de projeter des insectes sur le produit, il faut un autre système (4.14.6) ;

  • des mesures doivent empêcher les oiseaux d'entrer ou de se percher au-dessus des quais (4.14.7) ;

  • en cas d'activité de nuisibles, les produits à risque sont identifiés et traités comme non conformes (4.14.8) ;

  • une évaluation approfondie est réalisée au moins une fois par an par un expert (4.14.10), et les résultats sont analysés pour dégager des tendances au moins une fois par an ou après une infestation (4.14.11) ;

  • le personnel doit connaître les signes d'activité et savoir à qui les signaler (4.14.12).

Plan de lutte contre les nuisibles en industrie agroalimentaire : les points communs

Les deux référentiels convergent vers un même socle :

  1. Une analyse des risques propre au site : nuisibles ciblés, matières stockées, environnement, points faibles du bâtiment.

  2. Un plan du site à jour localisant et numérotant tous les dispositifs.

  3. Des responsabilités claires entre l'industriel et le prestataire, écrites dans le contrat.

  4. Les fiches des produits utilisés, avec leurs consignes d'emploi et de sécurité.

  5. Des comptes rendus de passage traçant les constats, les traitements et les recommandations, avec le suivi de leur mise en œuvre.

  6. Une analyse de tendances pour repérer les zones à problème et ajuster le dispositif.

Pour la méthode générale et le lien avec l'HACCP, consultez notre guide du plan de lutte contre les nuisibles HACCP. Pour les prestations, voir nos explications sur le contrat 3D (dératisation, désinsectisation, désinfection).

Les bonnes pratiques sur le terrain

Empêcher l'entrée

Le Codex recommande de garder les bâtiments en bon état, de couvrir trous et évacuations, de faire fermer les portes sectionnelles jusqu'au sol et d'équiper de grillages les fenêtres, portes et aérations ouvertes.

Supprimer les refuges

Le Codex demande de stocker les denrées dans des contenants étanches aux nuisibles ou surélevées, de préférence loin des murs, de garder les abords propres, les déchets dans des conteneurs fermés, et d'évacuer le matériel inutilisé. Le contrôle des livraisons sert aussi à repérer les insectes des denrées stockées, comme les charançons des céréales.

Surveiller sans contaminer

Les pièges et postes d'appâtage doivent être conçus et placés de façon à ne pas contaminer les produits. Même quand la surveillance est sous-traitée, le Codex rappelle que l'exploitant doit lire les rapports et veiller aux actions correctives. Notre protocole de dératisation contre les rats et souris détaille cette logique de surveillance.

Traiter vite et chercher la cause

Selon le Codex, une infestation doit être traitée immédiatement par une personne ou une entreprise qualifiée, sans risque pour les denrées, en identifiant sa cause et en enregistrant tout.

Choisir et piloter son prestataire

En France, toute personne qui utilise à titre professionnel des rodenticides ou des insecticides réservés aux professionnels doit en principe détenir le Certibiocide « nuisibles », valable cinq ans. La notice du ministère de la Transition écologique prévoit toutefois une dérogation : l'usage de ces produits dans les locaux de production, de transformation et de distribution de denrées alimentaires (ateliers de production, exploitations agricoles, silos…) ne rend pas le certificat obligatoire, y compris pour votre propre personnel si la lutte est gérée en interne et que ce personnel intervient toujours sur ces systèmes de production. Le certificat reste exigé hors de ces locaux (vestiaires, bureaux) et pour les entreprises de dératisation, qui ne sont pas exemptées ; faire appel à un prestataire certifié reste conseillé. L'entreprise qui emploie des opérateurs soumis au certificat déclare son activité. Les produits doivent avoir une autorisation de mise sur le marché, délivrée par l'Anses depuis 2016. Exigez un contrat qui reprend votre référentiel et désignez un référent interne qui lit les comptes rendus. Pour les contraintes propres aux sites de production et de stockage, consultez nos pages industries et entrepôts et logistique.

Nous intervenons dans toute la Normandie, notamment comme dératiseur à Saint-Étienne-du-Rouvray, dératiseur à Val-de-Reuil ou pour la dératisation à Vire Normandie.

FAQ : nuisibles et industrie agroalimentaire

La certification IFS ou BRCGS est-elle obligatoire ?

Non, ce sont des référentiels privés. L'IFS a été créé en 2003 par les fédérations de la distribution allemande (HDE) et française (FCD). Les obligations légales, elles, viennent du règlement 852/2004 et, pour les établissements agréés, du plan de maîtrise sanitaire.

Les nuisibles peuvent-ils faire échouer un audit IFS ?

Ce n'est pas une exigence KO, mais un manquement grave peut valoir une non-conformité majeure, qui bloque le certificat.

Peut-on placer des appâts toxiques dans les zones de production ?

Le BRCGS l'interdit là où le produit est à nu, sauf pour traiter une infestation active, et impose des appâts sécurisés. Le Codex et l'IFS exigent que les dispositifs ne créent aucun risque de contamination.

À quelle fréquence le prestataire doit-il passer ?

Aucun des deux référentiels ne fixe un nombre de passages : la fréquence découle de l'analyse de risques. Le BRCGS impose en plus une évaluation approfondie par un expert au moins une fois par an.

Un audit approche ? Les Dératiseurs Normands réalisent le diagnostic de votre site, mettent en place un plan de surveillance avec des postes sécurisés, programment les interventions selon vos contraintes de production et tracent chaque passage dans un compte rendu, en suivi régulier ou ponctuel. Demandez votre devis gratuit au 02 61 82 02 06.

Crédit photo : LANENWM Meso Amermbalin — ligne de production d'une usine agroalimentaire (Heyuan, Chine, avril 2026), Wikimedia Commons, domaine public (CC0) — fichier source. Image recadrée.

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