
Vous éteignez la lumière, la maison se tait… puis un grattement part de la cloison, s'arrête, reprend un peu plus loin. Un bruit dans les murs la nuit inquiète d'autant plus qu'on ne voit rien. Souris, rat, lérot, chauve-souris, insecte ou simple craquement de la charpente : chaque piste a sa signature. Voici comment écouter, quels indices chercher pour confirmer, et ce qu'il faut faire (ou surtout éviter) si des rongeurs ont pris leurs quartiers dans vos murs.
Bruit dans les murs la nuit : commencez par bien écouter
Avant d'acheter quoi que ce soit, notez pendant quelques nuits trois choses simples :
Le type de son : grattements, petites courses, rongement régulier, chocs secs, tic-tac, cris aigus.
Le moment : à la tombée de la nuit, au milieu de la nuit, au démarrage du chauffage, toujours à la même heure ou de façon irrégulière.
L'endroit et la saison : bas de cloison, mur mitoyen, plafond, combles ; automne, hiver ou plutôt printemps-été.
Ces observations suffisent souvent à écarter la moitié des pistes. Un enregistrement avec un téléphone posé contre la cloison aide aussi à décrire le bruit à un professionnel.
Bruit dans les murs : souris ou rat ?
Les souris : grattements légers et allers-retours
La souris grise est surtout active la nuit, même si on l'aperçoit parfois en journée. Elle grimpe très bien, sur n'importe quelle surface verticale un peu rugueuse, et peut circuler à l'intérieur des cloisons et des plafonds. Elle fait son nid avec des matériaux fibreux finement déchiquetés (papier, isolant, tissu). Le bruit typique : de petits grattements, de courtes courses qui vont et viennent, parfois un rongement fin et insistant. L'Office fédéral suisse de l'environnement décrit d'ailleurs le premier signe d'infestation ainsi : des bruits de déplacement ou de grattement entendus le soir, dans le grenier ou les cloisons.
Ce rongement n'est pas anodin : les souris peuvent attaquer les câbles électriques dans les murs, et l'université de Californie (UC IPM) rappelle que de nombreux incendies d'origine indéterminée sont attribués à des rongeurs ayant rongé des fils.
Comment savoir si on a des rats dans les murs ?
Les rats sont eux aussi nocturnes, mais plus lourds : les courses sont plus marquées, les chocs plus sourds. L'espèce oriente la localisation. Le rat noir, excellent grimpeur, s'installe volontiers en hauteur : combles, vides de murs, faux plafonds, placards. Le surmulot, qui creuse des terriers, fréquente plutôt les sous-sols et le rez-de-chaussée. Quand les deux cohabitent dans un bâtiment, le surmulot occupe le bas et le rat noir les étages.
Le son ne suffit pas à trancher. Pour savoir si vous avez des rats ou des souris dans les murs, cherchez les indices au pied des cloisons, derrière l'électroménager et dans les placards :
Les crottes, plus grosses chez le rat que chez la souris.
Les traces de rongement : environ 1 à 2 mm de large pour une souris, 4 mm pour un rat, selon l'OFEV.
Les traces grasses le long des plinthes, laissées par le pelage sur les passages répétés.
L'odeur : une puanteur proche de l'ammoniac, due à l'urine, dans les zones fréquentées.
Une astuce simple, elle aussi proposée par l'OFEV : saupoudrer le soir une fine couche de farine devant un trou ou le long d'une plinthe, puis regarder les empreintes le lendemain matin. Elles mènent souvent jusqu'au point d'entrée.
Et si ce n'était pas un rongeur ?
Le lérot, mais pas en plein hiver
Le lérot fait beaucoup de bruit dans les combles et les doublages en été et au début de l'automne, mais il hiberne ensuite, en gros d'octobre à avril. Des courses en janvier orientent donc plutôt vers un rat ou une souris. Pour faire la différence, lisez notre article sur le loir ou lérot dans le grenier.
Les chauves-souris, au printemps et en été
De mai à septembre, des femelles de chauves-souris peuvent se regrouper dans les combles pour mettre bas. Dans de rares cas, la Société française pour l'étude et la protection des mammifères (SFEPM) signale des bruits (cris, « grattements ») qui gênent les occupants. Ces nuisances sont temporaires et cessent après le départ de la colonie. Les chauves-souris ne rongent ni les câbles ni l'isolation, et toutes les espèces sont protégées : il est interdit de les tuer ou de les perturber intentionnellement. Si vous pensez en héberger, contactez le réseau SOS Chauves-souris du Groupe mammalogique normand, qui peut identifier l'espèce et vous conseiller.
La grosse vrillette et son tic-tac
Dans les vieilles charpentes et boiseries, un tic-tac discret qui revient au printemps peut venir de la grosse vrillette. Le Natural History Museum de Londres signale que les adultes produisent un tapotement caractéristique à l'intérieur du bois qu'ils infestent, d'où son surnom d'« horloge de la mort ». Les adultes sortent à partir d'avril. Si vous trouvez aussi des trous ronds et de la vermoulure fraîche, renseignez-vous sur le diagnostic des insectes xylophages.
Les bruits du bâtiment lui-même
Un claquement sec, isolé, qui revient sans grattement ni déplacement, a souvent une origine mécanique. L'assureur du BTP SMABTP décrit des bruits de chocs dans les combles et les faux plafonds dus aux écarts de température : les matériaux se dilatent le jour et se rétractent la nuit, puis libèrent leurs contraintes d'un coup. Les tuyaux de chauffage font aussi « tac » ou « clic » au démarrage et à l'arrêt, quand ils se dilatent et frottent contre leurs fixations. Le signe distinctif : ces bruits reviennent aux mêmes moments (refroidissement nocturne, relance du chauffage) et ne se déplacent pas.
Rongeurs dans les murs : que faire ?
Confirmez la présence avec les indices ci-dessus avant de traiter. Un piège posé au hasard ne prouve rien s'il reste vide.
Ne bouchez pas tout de suite les trous. Tant que des rongeurs sont dans la cloison, fermer leur sortie peut les pousser à ronger un autre passage, parfois vers les pièces de vie. On élimine d'abord, on vérifie que l'activité a cessé, puis on ferme les accès.
Évitez le poison « à l'aveugle » dans les murs. Un rongeur empoisonné peut mourir dans le doublage, avec à la clé une odeur tenace pendant des jours, comme nous l'expliquons dans notre article sur l'odeur de rat mort dans un mur. Pour les souris, UC IPM conseille d'ailleurs de préférer le piégeage quand cette odeur pose problème. Rappelons qu'en France, les raticides et souricides vendus au grand public doivent être utilisés dans des boîtes d'appât sécurisées, jamais en vrac (arrêté du 20 avril 2017).
Piégez sur les trajets, le long des murs et là où vous avez trouvé crottes ou traces, hors de portée des enfants et des animaux.
Surveillez les câbles à proximité des zones de bruit : une gaine rongée doit être vérifiée par un électricien.
Faites appel à un professionnel si les bruits persistent, si plusieurs pièces sont concernées ou si l'accès est impossible sans ouvrir une cloison.
Dans le bâti ancien, très présent en Normandie, la recherche des passages demande de la méthode. À Bernay, par exemple, l'inspection d'une maison à pans de bois porte sur les jonctions bois-torchis, les combles et les planchers. À Valognes, il faut préserver boiseries et enduits du bâti ancien pendant l'intervention.
Questions fréquentes
Pourquoi les bruits n'apparaissent-ils que la nuit ?
Parce que rats et souris sont surtout actifs la nuit, et parce que la maison est alors silencieuse : on entend ce que le bruit de fond masque en journée. Les craquements liés au refroidissement des matériaux se produisent aussi le soir et la nuit.
Un chat suffit-il à faire partir les souris des murs ?
Rarement. UC IPM note que chats et chiens peuvent tuer quelques rongeurs, mais contrôlent peu une population installée ; leur présence peut même rendre les rongeurs plus discrets et donner une fausse impression de victoire.
Faut-il ouvrir la cloison pour trouver le nid ?
Pas en première intention. On commence par localiser les entrées et les zones de passage (indices, test de la farine), puis on piège sur ces trajets. L'ouverture d'un doublage se justifie surtout pour retirer un cadavre ou réparer un câble endommagé.
Le bruit a cessé : le problème est-il réglé ?
Pas forcément. Un rongeur peut avoir changé de zone, et le lérot entre en hibernation à l'automne. Vérifiez l'absence de crottes fraîches et de nouvelles traces avant de reboucher définitivement les accès.
Besoin d'un diagnostic ? Devis gratuit
Bruits nocturnes dans les cloisons, les combles ou les faux plafonds : c'est l'un des indices que nos techniciens examinent lors d'une dératisation à Avranches comme partout en Normandie. En maison rurale, à Verneuil-d'Avre-et-d'Iton par exemple, l'intervention contre les souris et rats autour de Verneuil-d'Avre-et-d'Iton combine diagnostic, pose de postes et bouchage des entrées. Appelez le 02 61 82 02 06 pour obtenir votre devis gratuit.
Crédit photo : Sérgio R R Santos — A mouse in a hole in a wall 2, Wikimedia Commons, CC0 (domaine public) — fichier source. Image recadrée et redimensionnée.
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