
Une file de chenilles qui traverse l'allée au début du printemps, des nids soyeux blancs au bout des branches d'un pin : la chenille processionnaire fait désormais partie du paysage normand. Ses poils urticants peuvent toucher la peau, les yeux et les voies respiratoires, et leur danger est particulièrement grave pour les chiens. Voici, d'après l'Anses et l'ARS Normandie, les périodes à risque, les précautions et la conduite à tenir en cas de contact.
Deux espèces de chenille processionnaire en Normandie
Deux papillons de nuit sont concernés. La processionnaire du pin vit sur les résineux (pin sylvestre, pin noir, cèdre de l'Atlas) ; ses chenilles sont brun orangé. La processionnaire du chêne se développe sur les chênes ; ses chenilles sont gris argenté. Dans les deux cas, elles peuvent mesurer jusqu'à 4 cm environ. La première remonte vers le nord à la faveur d'hivers plus doux, la seconde pullule de plus en plus, note l'Anses.
En Normandie, l'état des lieux publié par l'ARS fait état de trois chenilles urticantes : les processionnaires du pin et du chêne, et le bombyx cul-brun. En juillet 2026, l'agence indiquait que les processionnaires étaient « présentes en quantité importante » dans la région, avec des processions régulièrement observées. Depuis le décret du 25 avril 2022, les deux processionnaires figurent dans le Code de la santé publique parmi les espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine.
Chenille processionnaire : quelle période est la plus à risque ?
La processionnaire du pin : de l'automne au printemps
Les œufs éclosent de fin juillet à début novembre. Les chenilles deviennent urticantes à partir de leur troisième stade et tissent en octobre-novembre leur nid d'hiver, bien visible au bout des branches. Entre janvier et mai, elles descendent le long du tronc en file indienne pour s'enfouir dans le sol : c'est la fameuse procession, qui peut compter jusqu'à 300 individus. Selon l'Anses, c'est la période la plus à risque. Les données des centres antipoison montrent des expositions de janvier à mai, avec un pic en mars.
La processionnaire du chêne : en fin de printemps et en été
Ses œufs éclosent au printemps ; les chenilles vivent en colonies sur le tronc et les branches et se nymphosent dans le nid en juin-juillet. Les expositions relevées par les centres antipoison vont d'avril à août, avec un pic en juin. Selon la fiche d'impact du décret de 2022, un tronc souillé reste urticant plusieurs mois, même débité en bois de chauffage.
Le risque ne disparaît pas avec les chenilles : les poils peuvent rester urticants même quand elles ne sont plus visibles, souligne l'ARS Normandie, notamment dans les nids vides, le sol et les vêtements contaminés.
Chenille processionnaire : quel danger pour la santé ?
Une chenille processionnaire ne pique pas et ne mord pas. Ses armes sont des poils microscopiques qui se détachent dès qu'elle se sent menacée et libèrent une protéine irritante, la thaumétopoéine. Le vent peut les transporter sur plusieurs dizaines de mètres : dans la moitié des cas analysés par les centres antipoison, les personnes exposées n'avaient même pas vu de chenilles.
Peau : c'est la situation la plus fréquente (90 % des cas, généralement bénins, selon l'étude de l'Anses portant sur 2012-2019). On observe des plaques rouges et des boutons qui démangent, comme après un contact avec des orties.
Yeux : douleur, larmoiement, rougeur, paupières gonflées. Dans les cas les plus graves, les poils peuvent léser la cornée et laisser des troubles de la vue.
Voies respiratoires : toux, nez qui coule, éternuements, parfois une crise d'asthme.
Bouche : chez les tout-petits qui portent tout à la bouche, un gonflement du visage et de la gorge peut gêner la respiration.
Lors d'une exposition importante, des réactions générales (malaise, chute de tension) sont possibles.
Chenille processionnaire et chien : une urgence vétérinaire
La truffe au ras du sol, le chien est très exposé. S'il renifle une procession ou attrape une chenille, l'inflammation peut aller jusqu'à la nécrose de la langue. Au moindre doute (salivation abondante, langue gonflée), consultez sans tarder un vétérinaire ou appelez un centre antipoison vétérinaire. En période de processions, éloignez votre chien des zones colonisées.
Les bons réflexes au jardin et en promenade
Ne touchez jamais une chenille, une procession, un nid ou un cocon, même vide.
Ne laissez pas les enfants jouer sous un arbre colonisé. Habillez-les de manches longues, d'un pantalon et d'un couvre-chef.
Ne faites pas sécher le linge sous ou près d'un arbre qui porte des nids, et n'utilisez pas une serviette restée au sol.
Soyez prudent en tondant près d'un arbre infesté, et arrosez soigneusement la zone pour faire pénétrer les poils dans le sol.
Lavez les fruits et légumes du potager situé près des arbres touchés.
Après une sortie à risque, ne vous frottez pas les yeux.
N'essayez pas de brûler ou de déloger un nid vous-même : cela libère massivement les poils, comme le rappelle notre foire aux questions sur les insectes du quotidien.
Un nid chez vous : ce que prévoit la réglementation en Normandie
Depuis 2022, le préfet de chaque département peut imposer des mesures de lutte contre les processionnaires, et les propriétaires, locataires et occupants doivent les appliquer. En Normandie, les cinq départements ont pris des arrêtés en mai et juin 2023 qui encadrent la lutte contre l'ambroisie, la berce du Caucase et les chenilles processionnaires urticantes. Celui du Calvados, par exemple, demande aux propriétaires, locataires, exploitants et occupants de prévenir l'installation des chenilles et de détruire les nids sans délai, sans disséminer les poils. Il vise notamment les arbres des lieux habités, de loisirs ou accueillant du public, et permet d'interdire l'accès à une zone dangereuse.
En pratique, signalez la présence de nids à votre mairie, comme le recommande l'ARS Normandie, et sur la plateforme de signalement AtlaSanté indiquée par l'agence. Les arrêtés citent aussi FREDON Normandie comme interlocutrice, comme pour le signalement des nids de frelon asiatique dans le Calvados. Les communes et gestionnaires d'espaces publics sont eux aussi concernés ; voir notre page sur la lutte contre les nuisibles pour les collectivités.
Quels moyens de lutte ?
Il n'existe pas de solution unique ni définitive, insiste l'Anses : il faut combiner plusieurs moyens.
Écopiège autour du tronc (processionnaire du pin) : un collier en gouttière, posé avant l'hiver, guide les chenilles qui descendent vers un sac.
Prédateurs naturels : nichoirs à mésanges, présence de chauves-souris.
Pièges à phéromones : ils capturent les papillons mâles pour limiter la reproduction.
Traitement biologique au Bacillus thuringiensis, pulvérisé sur les arbres infestés.
Retrait des nids par des professionnels équipés : la branche est coupée, puis détruite.
Les arrêtés normands privilégient la lutte mécanique et réservent la lutte chimique aux cas justifiés.
Que faire en cas de contact ?
Prenez une douche, rincez-vous bien et changez de vêtements, sans frotter les zones touchées pour ne pas casser les poils invisibles. Si des poils sont entrés dans l'œil, consultez rapidement un ophtalmologue. En cas de rougeurs ou de démangeaisons, appelez un centre antipoison ou consultez un médecin ou un pharmacien. Devant des signes d'urgence (difficulté à respirer, malaise), appelez le 15 ou le 112, ou le 114 pour les personnes sourdes et malentendantes.
Questions fréquentes
À quelle période les chenilles processionnaires sont-elles dangereuses ?
Celles du pin sont urticantes de l'automne au printemps, avec un pic des expositions en mars, au moment des processions. Celles du chêne le sont surtout d'avril à août, avec un pic en juin. Les nids vides restent dangereux.
Un nid vide est-il encore dangereux ?
Oui. Il reste chargé de poils urticants : ne le manipulez pas.
Mon chien a touché une chenille, que faire ?
Consultez sans tarder un vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire : l'atteinte de la langue peut être grave.
Faut-il signaler un nid ?
Oui. L'ARS Normandie demande de signaler les nids à la mairie et sur sa plateforme de signalement.
Chenilles processionnaires près de chez vous ? Devis gratuit
Décrivez la situation (pin ou chêne, emplacement et hauteur des nids, enfants ou animaux) dans notre diagnostic en ligne : nous vous dirons quelle solution est envisageable. Nos techniciens se déplacent dans toute la Normandie, par exemple avec notre dératiseur à Bois-Guillaume, au Vieil-Évreux ou à La Glacerie. Appelez le 02 61 82 02 06 pour obtenir votre devis gratuit.
Crédit photo : Arthur Badel, « Thaumetopoea pityocampa chenille » (chenilles de processionnaire du pin en procession, Loire, avril 2025), Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0 — fichier source. Image redimensionnée.
Besoin d'aide
Un problème de nuisibles ? Nous intervenons partout en Normandie.
Articles liés

Insectes
Puces dans la maison sans animaux : causes et solutions
Des piqûres de puces sans chien ni chat ? Logement inoccupé, animaux sauvages dans les combles, objets d'occasion : les causes, comment confirmer et que faire.
1 novembre 2026 · Didier

Insectes
Vrillette du bois : reconnaître les dégâts et choisir un traitement
Trous ronds, vermoulure, vrillettes mortes au sol : comment savoir si l'attaque est active, puis choisir le bon traitement pour un meuble ou une charpente.
30 octobre 2026 · Didier

Insectes
Mouches des drains en cuisine professionnelle : causes et traitement
Petites mouches grises et duveteuses près de la plonge ? La mouche des drains naît dans le biofilm des siphons, éviers et bacs à graisse. La reconnaître, trouver le foyer et le supprimer durablement en cuisine professionnelle.
29 octobre 2026 · Didier
