
Des grattements dans une cloison à la tombée de la nuit, un paquet de pâtes percé au fond du placard, quelques petites crottes noires derrière la poubelle : ces indices suffisent à semer le doute. Souris dans la maison : que faire en premier, et faut-il s'inquiéter ? Le bon réflexe consiste à agir vite, sans paniquer et sans multiplier les produits au hasard. Voici comment confirmer la présence d'une souris, évaluer les risques et reprendre la main dès les premiers signes.
Les premiers signes d'une souris dans la maison
La souris grise (Mus musculus), la souris domestique de nos logements, est essentiellement nocturne. On la voit donc rarement avant de remarquer ses traces. Les indices les plus parlants :
Des déjections : petites, sombres, souvent dispersées le long des murs, dans les placards, derrière l'électroménager ou à proximité des aliments.
Des emballages grignotés : sachets de céréales, de riz, de croquettes, de graines. La souris est omnivore, avec une nette préférence pour les céréales.
Des bruits légers de trottinement ou de grattement dans les cloisons, les faux plafonds ou sous les planchers, surtout la nuit.
Une odeur : l'urine de la souris grise a une odeur caractéristique.
Des matériaux déchiquetés : dans les bâtiments, la souris fabrique son nid avec du papier, du tissu ou de l'isolant, souvent sous les planchers ou près des réserves de nourriture.
Des empreintes sur les surfaces poussiéreuses d'une cave, d'un garage ou d'un grenier.
Souris, mulot ou rat ?
Selon la fiche de l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), la souris grise mesure de 14,5 à 18,5 cm, dont 7 à 9,5 cm pour la queue. Son pelage est gris à gris-brun, ses oreilles sont grandes, ses yeux petits et sa queue très longue et annelée. On peut la confondre avec le mulot, qui a de plus grands yeux, ou avec le rat, nettement plus grand. L'identification compte, car rats et souris ne se traitent pas de la même façon. Pour comparer les crottes, les bruits et les traces de passage, consultez nos réponses aux questions sur les rats et les souris.
Souris dans la maison : quel danger ?
Le principal risque est indirect : la souris circule partout, y compris sur les plans de travail et dans les réserves, et laisse derrière elle urine et déjections.
Des risques pour la santé
La base Baobab de l'INRS, qui recense les agents biologiques, classe la souris parmi les réservoirs de salmonelles. Ces bactéries provoquent des gastro-entérites (diarrhées, vomissements, crampes, fièvre) ; elles se transmettent par voie digestive, les aliments, l'eau, les mains et les objets étant contaminés par les selles d'animaux infectés.
La souris est aussi, avec le hamster, le réservoir du virus de la chorioméningite lymphocytaire. Toujours selon l'INRS, il se transmet par la salive, les selles, l'urine, les aliments, l'eau ou les poussières contaminés. L'infection passe le plus souvent inaperçue, mais elle peut provoquer un syndrome grippal, parfois suivi de signes de méningite, et elle présente un risque pour le fœtus en cas de grossesse. C'est une bonne raison de confier le nettoyage des zones souillées à une autre personne si vous êtes enceinte.
Des dégâts dans le logement
Pour bâtir son nid, la souris déchiquette papiers, tissus et matériaux tendres. Elle ronge aussi les emballages alimentaires, qu'il faut alors jeter, et peut s'attaquer aux gaines et aux câbles électriques.
Souris en hiver dans la maison : pourquoi ne pas attendre
Beaucoup de particuliers espèrent que la souris repartira d'elle-même avec le retour des beaux jours. C'est un pari risqué. L'INPN rappelle qu'à la campagne la souris grise vit aussi dans les haies, les champs et les jardins, où sa reproduction est plutôt saisonnière (mai-juin). Dans un bâtiment, en revanche, la mise-bas est possible en toute saison. Une maison chauffée, avec de la nourriture à portée, lui offre donc tout ce qu'il faut pour passer l'hiver et se reproduire.
Le rythme est rapide : selon l'INPN, une femelle peut avoir de 5 à 10 portées par an, de 4 à 8 petits chacune, et les jeunes peuvent se reproduire dès 3 mois. La souris grise est en outre grégaire : une souris aperçue n'est pas forcément seule. Plus on attend, plus l'élimination demande de temps.
Souris dans la maison : que faire dès les premiers signes
Localisez les zones de passage. Notez où se trouvent crottes, grignotages et bruits : ces repères guideront la pose des pièges ou le technicien.
Coupez l'accès à la nourriture. Rangez céréales, farine, biscuits et croquettes dans des boîtes en métal ou en verre bien fermées, ne laissez pas de croquettes au sol et gardez les poubelles fermées. Jetez tout aliment entamé.
Nettoyez sans soulever de poussière. Portez des gants et un masque, humidifiez les déjections avec de l'eau javellisée avant de les essuyer, et lavez-vous soigneusement les mains ensuite. Ne passez jamais le balai ou l'aspirateur sur des crottes sèches : comme le rappelle Santé Canada, la poussière soulevée peut transmettre des maladies.
Repérez les entrées. Une souris se faufile dans de très petits interstices. Comblez les trous autour des tuyaux avec de la laine d'acier puis un mastic, posez un bas de porte et protégez les aérations par un grillage fin. Nous détaillerons ces points d'entrée dans un prochain article.
Désencombrez les abords : herbes hautes, tas de bois et objets entassés contre la façade offrent des abris tout près de la maison.
Comment se débarrasser des souris dans la maison
Les pièges mécaniques
Pour un début d'infestation, les pièges sont la première solution à envisager : une autorisation de souricide délivrée par l'Anses en 2025 demande d'ailleurs aux particuliers d'envisager d'abord les méthodes non chimiques, comme les pièges. Placez-les le long des murs, sur les passages repérés, avec un appât odorant et collant comme du beurre de cacahuète, et vérifiez-les chaque jour. Santé Canada conseille aussi de les déplacer si l'appât ne disparaît pas.
Les appareils à ultrasons
Leur efficacité est limitée : Santé Canada indique que les rongeurs peuvent s'y habituer et revenir, et recommande de ne pas compter uniquement sur eux.
Les souricides : à manier avec précaution
Si vous utilisez un appât empoisonné, achetez uniquement un produit autorisé en France, dans un commerce classique, avec un étiquetage en français. L'Anses a alerté à plusieurs reprises sur des raticides interdits, rapportés de l'étranger ou achetés sur internet, à l'origine d'intoxications graves d'enfants. Pour un souricide anticoagulant vendu aux particuliers, les conditions d'emploi fixées par l'Anses prévoient notamment :
une utilisation dans des postes d'appâtage sécurisés, hors de portée des enfants et des animaux domestiques, et à l'écart des aliments ;
le retrait régulier des cadavres de rongeurs et, en fin de traitement, des appâts restants ;
aucune utilisation en appât permanent « préventif » ;
un traitement censé aboutir sous 35 jours : au-delà, si l'activité continue, il faut demander conseil au fournisseur ou à un professionnel de la lutte contre les nuisibles.
En cas d'ingestion, les symptômes, comme des saignements du nez ou des gencives, peuvent apparaître avec retard. Consultez immédiatement un médecin avec l'emballage du produit, ou un vétérinaire si c'est votre animal qui a consommé l'appât.
Quand faire appel à un professionnel ?
Faites appel à un professionnel si les indices persistent malgré les pièges, si les traces gagnent plusieurs pièces, si la présence d'enfants ou d'animaux rend les appâts délicats, ou si tout l'immeuble est touché. Le technicien identifie l'espèce, repère les accès et les zones de nidification, puis adapte le traitement : postes sécurisés, piégeage mécanique et fermeture des points d'entrée. Découvrez le déroulement d'une dératisation professionnelle des rats et souris.
Questions fréquentes
J'ai vu une seule souris : faut-il agir ?
Oui. La souris grise vit en groupe et, à l'abri d'une maison, elle peut se reproduire toute l'année. Mieux vaut traiter une présence débutante que laisser une colonie s'installer.
Les souris partent-elles d'elles-mêmes au printemps ?
Rien ne le garantit. Tant qu'elles trouvent abri et nourriture, elles n'ont aucune raison de quitter les lieux. Supprimez l'accès aux aliments et bouchez les entrées.
Les crottes de souris sont-elles dangereuses ?
Elles peuvent contaminer aliments et surfaces : l'INRS cite la souris parmi les réservoirs de salmonelles et du virus de la chorioméningite lymphocytaire. Ramassez-les avec des gants, après les avoir humidifiées, sans jamais les balayer à sec.
Les répulsifs à ultrasons suffisent-ils ?
Non. Les rongeurs peuvent s'y habituer. Ils ne remplacent ni le rangement des aliments, ni la fermeture des accès, ni le piégeage.
Des souris chez vous malgré vos précautions ? Les Dératiseurs Normands interviennent chez les particuliers dans toute la Normandie (voir nos zones d'intervention). Pour un diagnostic et un devis gratuit, appelez-nous au 02 61 82 02 06, 7j/7.
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